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Litterature

La langue berbère : le tamazight
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La langue berbère.

La langue berbère, ou tamazight, est présente à l'heure actuelle dans une dizaine de pays de l'ensemble Maghreb-Sahara-Sahel : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Niger, Mali, Burkina-Faso et Mauritanie. Mais l'Algérie et le Maroc sont, de loin, les deux pays qui comptent les populations berbérophones les plus importantes.

 L'évaluation du nombre de berbérophones est une question difficile et controversée car il n'existe pas dans les pays concernés de recensements linguistiques systématiques et fiables. De plus la situation générale ,objective, institutionnelle, idéologique de la langue berbère rend problématique toute évaluation : en fait, le nombre de berbérophones constitue en lui-même un enjeu politique important dans les pays du Maghreb et il a donc toujours fait l'objet de vives polémiques et d'estimations très divergentes. Pourtant, si l'on soumet à la critique l'ensemble des chiffres avancés par les diverses sources, depuis les débuts de la présence coloniale française jusqu'à nos jours, on peut raisonnablement estimer les berbérophones à :
 un pourcentage d'environ 25 % de la population en Algérie, soit entre 7 et 8 millions de personnes sur un total de 31 ou 32 millions d'habitants ;
 un pourcentage d'environ 40 % de la population au Maroc, soit 12 à 13 millions de berbérophones sur une population globale de 32 millions.

 Au Maroc, la berbérophonie est répartie en trois grandes zones dialectales qui couvrent l'ensemble des régions montagneuses : au nord, le Rif avec le dialecte tarifit ; au centre, le Moyen-Atlas et une partie du Haut-Atlas avec le dialecte tamazight ; au sud/sud-ouest ? Haut-Atlas, Anti-Atlas et Sous , le domaine chleuh avec le dialecte tachelhit.

 En Algérie, la principale région berbérophone est la Kabylie. D'une superficie relativement limitée mais très densément peuplée, elle représente à elle seule plus des deux tiers des berbérophones algériens, soit au moins cinq millions de personnes. L'autre groupe berbérophone significatif est constitué par les Chaouias de l'Aurès : autour d'un million de personnes. Il existe de nombreux autres groupes berbérophones en Algérie mais il s'agit de petits îlots résiduels, de faible importance : Ouargla-Ngouça, Gourara (région de Timimoun), Sud-Oranais, Djebel Bissa, Chenoua? Le plus important est sans conteste le Mzab ? Ghardaïa et les autres villes ibadhites ? qui doit compter de 150 000 à 200 000 personnes. Le troisième et dernier grand ensemble berbérophone est constitué par les populations touarègues, à cheval sur plusieurs pays à travers la zone saharo-sahélienne : principalement le Niger avec environ 500 000 personnes et le Mali, de 300 000 à 400 000. Les autres pays : Algérie (Ahaggar, Ajjer), Libye (Ajjer), Burkina-Faso comptent des effectifs touaregs plus modestes qui ne dépassent pas quelques dizaines de milliers de personnes. L'ensemble des populations touarègues avoisine donc le million d'individus.

 Le reste de la berbérophonie est constitué par des isolats, généralement très menacés, disséminés :
 en Tunisie (un peu plus de 50 000 personnes), à Djerba (en partie) et dans une dizaine de villages dans le centre-sud du pays ; dans le Sud de la Mauritanie      (Zenaga) : entre 5 000 et 10 000 individus ;
 en Égypte dans l'oasis de Siwa dont la population varie de 5 000 à 10 000 personnes selon les sources,
et, surtout, en Libye (Tripolitaine : Zouara et le Djebel Nefoussa) où les groupes berbérophones sont nettement plus importants et plus résistants.

 Mais ce ne sont là que les localisations traditionnelles car, depuis le début du XXe siècle et surtout depuis la décolonisation, les phénomènes migratoires et l'exode rural très important qu'a connus tout le Maghreb font qu'il existe de très consistantes communautés berbérophones dans les principales villes du Maghreb : Alger et Casablanca en sont les illustrations les plus marquantes. Mais le processus a touché aussi l'Europe, notamment la France, où l'immigration berbère est très ancienne et numériquement considérable : les Kabyles à eux seuls y représentent sans doute un bon million de personnes. Au point où Paris peut sans doute être considéré comme la plus grande ville berbère du monde.

 Unité et diversité de langue berbère

 La langue berbère se présente donc actuellement sous la forme d'un nombre élevé de « dialectes », c'est-à-dire de variétés régionales, répartis sur une aire géographique immense et souvent très éloignés les uns des autres. Les échanges linguistiques entre les différents groupes berbérophones sont faibles en raison même de ces distances ; ce ne sont que les mouvements de populations récents et les médias modernes, avec la radio, les disques, les cassettes, qui ont rétabli le contact. De plus, il n'a jamais existé dans le monde berbère d'instance de normalisation et d'unification de la langue : il n'y a pas de norme instituée de la langue berbère, même pour les usages littéraires. Chaque groupe emploie son ou ses parlers locaux qui ne sont guère utilisés que pour la communication intra-régionale. D'une certaine façon, la notion de « langue berbère » est une abstraction linguistique et non une réalité sociolinguistique identifiable et localisable. La seule réalité observable réside dans les usages locaux effectifs.

 Pourtant, malgré cette situation d'extrême fragmentation, ce n'est pas sans raisons sérieuses que la tradition scientifique berbérisante parle généralement d'une (seule) langue berbère, divisée en dialectes ? ensembles régionaux à intercompréhension immédiate ?, eux-mêmes composés de parlers locaux correspondant à peu près aux anciennes unités tribales. C'est que, malgré la dispersion géographique, malgré l'absence de pôle de normalisation et en dépit de la faiblesse des échanges, les données structurales fondamentales restent les mêmes partout : le degré d'unité, notamment grammaticale, des parlers berbères est tout à fait étonnant eu égard aux distances et vicissitudes historiques. Les divergences sont presque toujours superficielles et ne permettent pas d'établir une distinction tranchée entre les dialectes : la plupart des critères de différenciation ? qu'ils soient phonologiques ou grammaticaux ? se distribuent de manière entrecroisée à travers les dialectes. En termes dialectologiques, on dira qu'il n'y a pas de véritables faisceaux d'isoglosses délimitant les dialectes. En fait, seul le touareg et les parlers les plus périphériques (Libye, Égypte et Mauritanie) présentent un ensemble de caractéristiques linguistiques spécifiques qui pourraient justifier qu'on les considère comme des systèmes autonomes, et donc comme des « langues » particulières. Encore qu'il s'agisse, le plus souvent, plus de modalités particulières de réalisation que de véritables différences structurales.

 Berbères et berbérophones

 On a parlé de berbérophones et de berbérophonie car, à l'heure actuelle, le critère le plus évident, le plus indiscutable d'identification des populations berbères est la langue. Non qu'il n'y ait d'autres traits socio-culturels distinctifs ? une tradition orale spécifique, un patrimoine culturel, des particularités d'organisation sociale? ? mais tous ces autres paramètres ont un pouvoir discriminant moins net.

 Ces berbérophones, identifiés par une pratique linguistique spécifique, sont de nos jours démographiquement minoritaires parce que le Maghreb a connu depuis le Moyen Âge un lent processus d'arabisation linguistique. Le fond du peuplement maghrébin est donc d'origine berbère : l'immense majorité des arabophones actuels ne sont que des Berbères arabisés depuis des dates plus ou moins reculées. Mais au niveau des réalités socio-culturelles présentes, il est évident que la berbérité, la conscience d'être Berbère est liée à la berbérophonie et ne concerne plus qu'une minorité, importante, de la population de ces pays.

 Les grandes lignes historiques du processus d'arabisation linguistique du Maghreb ont été posées, il y a déjà longtemps, par l'arabisant W. Marçais (1938-1961). On trouvera également une synthèse réactualisée sur cette question chez Gabriel Camps dans son introduction au volume I de l'Encyclopédie Berbère. Les causes de ce processus de substitution linguistique qui a fait que de nombreux Berbères ont abandonné leur langue au profit de l'arabe sont multiples et entrecroisées. Mais une détermination fondamentale est à l'?uvre depuis treize siècles : la domination symbolique qu'exerce la langue arabe dans tout l'espace musulman ; le rapport entre arabe et berbère a été, très tôt, une relation déséquilibrée en raison du lien consubstantiel de l'islam à la langue arabe. En Berbérie comme dans tout le monde musulman non arabe, il y a toujours eu valorisation marquée de l'arabe, langue du sacré, langue de Dieu, mais aussi langue de l'écrit et du savoir légitime, langue du pouvoir et de la ville. Au Maghreb, cette prééminence a sans doute été plus marquée qu'ailleurs car le berbère était une langue sans tradition écrite et sans rayonnement large.

 Berbère et arabisation dans le Maghreb actuel

 L'arabisation est aussi au Maghreb, notamment en Algérie et au Maroc, une politique des États qui se définissent comme arabes et musulmans. Ce n'est que depuis des dates très récentes que le berbère a commencé à obtenir droit de cité : enseignement universitaire, enseignement facultatif dans les collèges et lycées en Algérie, expériences d'intégration dans l'enseignement primaire au Maroc. Mais son statut juridique et de fait reste encore très marginal et incertain et peut être approximativement comparé à celui des langues régionales en France.

 Concurrencée et grignotée depuis des siècles par l'arabe, intégrée dans des cadres géo-politiques très diversifiés, la langue berbère connaît d'importantes variations dans sa situation générale suivant les pays et les régions. Ses capacités de résistance face au mouvement historique et sociologique d'arabisation et aux politiques linguistiques étatiques sont donc assez différenciées selon les régions. Selon le poids démographique des populations, l'étendue géographique, l'expérience politique, le degré de prise de conscience et la densité de la vie culturelle locales, le berbère pourra être sérieusement menacé de disparition ,c'est le cas général des petits isolats berbérophones et des régions très perméables à l'idéologie et à la culture arabo-islamiques ?, ou au contraire manifester une forte résistance et un réel dynamisme comme en Kabylie.

 L'écriture berbère : tifinagh et libyque

 Les Berbères possèdent une écriture alphabétique consonantique qui leur est propre depuis l'Antiquité. Les inscriptions les plus anciennes qui aient pu être datées remontent au VIe siècle avant J.-C. Cette écriture est attestée durant toute l'Antiquité, aux époques punique et romaine. Elle est précisément mentionnée par des auteurs latins tardifs du Ve et VIe siècles après J.-C. Les auteurs arabes médiévaux n'évoquent jamais l'existence d'une écriture chez les Berbères ; on peut donc raisonnablement penser que celle-ci était sortie de l'usage au Maghreb avant l'établissement définitif des Arabes au début du VIIIe siècle. Sa disparition dans la zone Nord du monde berbère se situerait donc entre environ 600 et 700 après J.-C.

 En revanche, son utilisation a perduré chez les Touaregs qui la dénomment tifinagh. Chez eux, cette écriture a des fonctions essentiellement ludiques et symboliques ; elle n'a pas servi à fixer la mémoire historique ou la littérature de ce groupe.

 Son usage était également limité durant la période antique où elle dénommée « écriture libyque » car les Anciens appelaient « Libye » l'ensemble de l'Afrique du Nord ; elle ne nous est parvenue qu'à travers des inscriptions funéraires et votives. Malgré cette forte limitation de ses fonctions, il s'agit bien d'une véritable « écriture nationale » des Berbères puisqu'on en rencontre des traces dans toute l'aire d'extension de la langue berbère : de la Libye au Maroc, de la Méditerranée au Sahel.

 L'origine de l'écriture berbère reste obscure et controversée. L'hypothèse d'une genèse locale spontanée, sans aucune influence externe, doit certainement être écartée car il n'y a pas au Maghreb de tradition d'écriture pré-alphabétique, syllabique ou idéographique, qui autoriserait à retenir l'idée d'une formation totalement indigène : l'alphabet ne peut naître brutalement sans un long processus antérieur de perfectionnement à partir d'autres types d'écriture. En fait, tout un faisceau d'indices objectifs va dans le sens d'une formation endogène, sur la base de matériaux locaux non alphabétiques, sous l'influence forte d'un alphabet sémitique, probablement le phénicien ; une création par imitation en quelque sorte, processus dont on connaît d'autres exemples avérés en Afrique de l'Ouest et en Amérique du Sud, notamment, où des groupes humains en contact avec d'autres peuples pratiquant l'écriture : Arabes, Européens  ont inventé, quasiment de toutes pièces, leur propre écriture.

 Comme la langue, l'écriture berbère n'est pas absolument unifiée : elle connaît un assez grand nombre de variantes, à travers le temps et les régions. Pour les périodes anciennes, on distingue au moins trois alphabets différents : libyque occidental, oriental et saharien ; dans la période contemporaine, chaque confédération touarègue utilise un alphabet légèrement différent de celui des groupes voisins. Ces variations s'expliquent à la fois par une adaptation aux particularités phonétiques locales et par la durée d'existence de cette écriture qui a induit d'inévitables évolutions et adaptations.

 À partir des années 1970, à l'initiative d'un groupe militant kabyle basé à Paris, « l'Académie Berbère », on a assisté à une véritable renaissance de ce vieil alphabet berbère qui est employé, dans une version fortement modernisée, pour la notation usuelle du kabyle. Insérés dans une aire de vieille culture scripturaire, les Berbères ont depuis toujours vu leur langue et leur culture dévalorisées par leur statut d'oralité. Situation qui a induit dans la période contemporaine une réaction très volontariste visant à démontrer que « le berbère ça s'écrit ! ». C'est ainsi que l'on peut expliquer l'existence dans la sensibilité berbère de ce courant qui prône le retour au vieil alphabet berbère, les tifinagh, qui présente le double avantage de marquer l'appartenance historique incontestable de la langue berbère au monde de l'écriture et d'assurer la discrimination maximale par rapport aux cultures environnantes puisque cet alphabet est absolument spécifique aux Berbères. En exhumant cette antique écriture ? sortie partout de l'usage depuis des siècles, sauf chez les Touaregs , ces militants se donnent une arme particulièrement efficace dans un environnement où l'écriture est mythifiée, voire sacralisée. Et comme cet alphabet berbère est attesté depuis la protohistoire, les Berbères accèdent ainsi à l'histoire et à la civilisation, antérieurement à la plupart des peuples qui ont dominé le Maghreb, notamment les Arabes ! Les tifinagh permettent aux Berbères de ne plus être catalogués parmi les barbares et autres primitifs, pour qui la seule alternative est de se fondre dans les « grandes » cultures (écrites), en l'occurrence la culture arabo-islamique. C'est ce qui permet de comprendre le succès et l'envahissement de l'espace public en Kabylie notamment par cette écriture, y compris au niveau de la signalétique officielle municipale.

 Ce sont certainement ces deux facteurs, historicité et spécificité, qui fondent l'engouement pour les tifinagh non seulement en Kabylie, mais aussi dans toutes les autres régions berbérophones (Maroc, domaine touareg), surtout dans les milieux militants et populaires. Il est d'ailleurs intéressant de constater que, plus de trente années après leur mise en circulation par des militants radicaux kabyles, l'institution marocaine adopte ces « néo-tifinagh » comme alphabet officiel du berbère par décision de l'Institut royal pour la culture amazigh : les précurseurs de l'« Académie berbère » de Paris n'espéraient certainement pas un tel succès !

 

Source Clio.fr

 


Qui sont les Berbères :

Lorsqu'on parle des Berbères, il semble plus facile de dire ce qu'ils ne sont pas que ce qu'ils sont.
Ils n'appartiennent pas à une race, pas à un peuple, pas à une religion. Et pourtant, ils existent. Il existe une certaine authenticité berbère. Et elle ne date pas d'hier puisque les Berbères sont parmi les premiers habitants du Maghreb au sens large (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie actuelles) depuis plus de   5 000 ans.
.Ont-ils, un jour, constitué une civilisation ? ardons nous bien de tenter de répondre ici à une question que beaucoup se posent encore.
Alors, je vais me contenter de citer l'Universalis pour les caractériser :
Le mot Berbères, emprunté par le français à l’arabe et par ce dernier au latin, a perdu très tôt son sens primitif d’« étranger à la civilisation gréco-romaine ». Il désigne aujourd’hui stricto sensu un groupe linguistique nord-africain : les berbérophones, ensemble de tribus qui ont parlé ou parlent encore des dialectes apparentés à un fonds commun, la « langue » berbère [...]
La langue berbère représente, en Afrique du Nord et jusqu’au-delà du Sahara, le seul lien d’une communauté de plus de douze millions d’hommes. Mais c’est une communauté qui s’ignore parce que les groupes fort divers qui la composent sont dispersés sur d’immenses territoires. Partout minoritaire, le berbère n’est la langue officielle d’aucun État. Malgré quelques tentatives limitées, il n’a jamais accédé au rang de langue écrite."
Précision importante : Le mot Berbère a une connotation péjorative qui le rapproche beaucoup de barbare.Les Berbères s'identifient eux-mêmes par le nom de leur groupe (Touareg, Kabyle, Chleuh) et utilisent le mot Imazighen, qui signifie «hommes libres» pour désigner l'ensemble des Berbères. Nous n'utiliserons ici le mot Berbère que pour faciliter la compréhension et sans le moindre irrespect.
Nous allons donc tenter, sur cette page, de faire connaissance avec le calendrier amazigh (L'amazighe étant la langue des Imazighen).

Où vivent les Berbères :
La répartition actuelle des Berbères peut être esquissée en délimitant les aires géographiques de l'usage de la langue amazighe . On parle amazighe, sporadiquement, à l'intérieur d'un espace africain compris entre l'océan Atlantique, la Méditerranée et le tropique du Cancer. D'est en ouest, des populations berbérophones subsistent actuellement :
– en Égypte, dans l'oasis nord-occidentale de Siouah;
– en Libye, dans le djebel Nefousa et les oasis de Ghadamès, de Sokna, d'Aoudjila, mais également sur la côte à Zouara;
– en Tunisie, sous forme d'enclaves en voie de disparition, notamment dans les villages de l'île de Djerba, à Tamezret au nord de Matmata, à Chenini et à Douiret, à l'est de Tataouine.
– en Algérie. La Kabylie est de loin la plus importante région berbérophone d'Algérie et les deux tiers des Berbères de ce pays sont kabyles; l'Aurès abrite une importante communauté chaouïa et le Mzab un autre groupe berbérophone ; quelques îlots subsistent également dans les monts des Ksour du Sud oranais, dans les régions de Gourara et de Ouargla et, au nord, dans les djebel Bissa et Chenoua.
– au Maroc. Trois grandes zones de dialectes berbères couvrent les régions montagneuses de ce pays; au nord du Rif, le dialecte tarifit ; au centre, dans le Moyen Atlas ainsi que dans une partie du Haut Atlas, le dialecte tamazight; au sud-sud-ouest, dans le Haut Atlas, l'Anti-Atlas et le Sous – qui forment le pays chleuh –, le tachelhit.
– en Mauritanie, dans une région située au nord du fleuve Sénégal, le parler zenaga est attesté chez des populations du Trarza.
À tous ces espaces de parlers amazighe, il faut ajouter un grand territoire parcouru par les nomades chameliers touaregs, dont le nombre est évalué à 400?000. Ils constituent un groupe berbérophone important, éparpillé inégalement sur le Niger, le Mali – pour les deux tiers –, l'Algérie (Ahaggar, Ajjer), la Libye (Ajjer), le Burkina Faso (Udalen) et le Nigeria.
Il faut également tenir compte d'une importante diaspora Imazighen disséminée dans les grandes villes de l'Afrique du Nord, mais aussi en Europe. La France compte environ 600 000 immigrés Imazighen marocains et algériens, ces derniers étant essentiellement Kabyles.
Source : Encyclopédie Hachette
Une carte des populations Imazighen a été dressée en 1994 par Le Monde Diplomatique (www.monde.diplomatique.fr).

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LE CALENDRIER :

Après la lecture des pages consacrées au calendrier julien et au calendrier grégorien, nous savons que la différence entre les deux est que les années séculaires (1600, 1700, 1800, 1900, 2000) sont bissextiles dans le calendrier julien (puisque divisibles par 4) alors qu'elles sont "normales" dans le calendrier grégorien sauf celles qui sont divisibles par 400, (1600 et 2000). Du fait de cette règle, il y a un jour de plus de décalage entre les deux calendriers tous les 128 ans et trois jours tous les 400 ans.
Nous savons aussi que, pour corriger des retards sur lesquels nous ne reviendrons pas, la réforme grégorienne supprima 10 jours au calendrier julien en 1582 et fit passer du 4 octobre 1582 (mort du calendrier julien) au 15 octobre 1582 (naissance du calendrier grégorien).
Mais pourquoi évoquer ces deux calendriers dans une page consacrée au calendrier berbère ?
Tout simplement parce que la structure du calendrier berbère tient de celle de ces deux calendriers.
Historiquement, cette structure tiendrait du calendrier julien qui s'est répandu au Maghreb durant la période romaine.
Et, autant le dire tout de suite, le premier jour de l'année du calendrier berbère correspond actuellement au 12 janvier du calendrier grégorien. Il semblerait donc que le calendrier berbère soit un calendrier julien pur et dur. Sauf que le premier januarius du calendrier julien correspond actuellement (an 2004) au... 14 janvier 2004 du calendrier grégorien. Pourquoi cette différence de 2 jours ?
Deux réponses entre lesquelles j'avoue que je suis incapable de trancher :
-La première est que le calendrier berbère est un calendrier julien natif. Ce qui veut dire que le début de l'année (par rapport au calendrier grégorien) change tous les 128 ans. Dans ce cas, il y a erreur quand à la concordance entre ce calendrier et le calendrier grégorien. La concordance actuelle est celle des années 1701 à 1800 du calendrier grégorien. Deux changements auraient donc été oubliés.
- La seconde est que le calendrier berbère actuel est un calendrier grégorien (qui accepte la règle des 400 ans) qui n'aurait pas accepté, à un certain moment, le décalage initial de 10 jours. Dans ce cas, le début de l'année sera toujours le 12 janvier du calendrier grégorien.
Pour connaître la réponse exacte, il suffirait de savoir si le calendrier berbère de 1900 comptait ou non 29 jours en février.
Bien entendu, l'idéal serait de savoir qui a mis en œuvre ce calendrier et quelles sont ses règles de construction.
A ce sujet, et bien que je puise rarement mes sources sur le Net, je suis tombé, en cherchant une réponse aux questions que je me posais, sur un texte qui m'a laissé perplexe et que je vous livre (la partie coloriée l'a été par mes soins ) :


S H E S H N A Q et le calendrier AMAZIGH
Par : Amar NEGADI

A PROPOS DU CALENDRIER
[...] Ainsi des pratiques et des rites considérés comme « païens », sont-ils, par la force des choses et leur antériorité, intégrer/assimilés par les nouvelles croyances, seules moyens pour elles de subsister/s’imposer. Donc, pour les Imazighen, le choix d’une date/repère pour fixer leur calendrier à partir d’un fait historique incontestable, ne déroge pas à la règle ! Ne se considérant ni Grecs, ni Romains pas plus qu’Hébreux ou Arabes, ils s’estimaient en droit, et de leur devoir, de se donner d’autres repères…C’est ce qui se produisit en 2930 (1980).
Et voici le message que j’avais posté à l’époque :« La première fois que fut publié et diffusé un calendrier amazigh, ce fut en 2930, c’est-à-dire en 1980, par l’association Tediut n’Aghrif Amazigh (Union du Peuple Amazigh -UPA-), que j’ai l’honneur d’avoir fondée, dirigée, et donc je suis l’initiateur de ce fameux calendrier dont les uns et les autres, depuis des années déjà, cherchent à lui trouver une mystérieuse origine et une lointaine paternité.
Ce sont justement ceux qui savent que c’est un Chaoui qui est l’origine de cette initiative, qui tentèrent, et tentent encore, d’embrouiller les pistes.
Le calendrier, très simple et très modeste, à la mesure de nos moyens à ce moment-là, se présentait de la façon suivante : il était à la fois manuscrit et dactylographié, au format 30x42 cm, en son centre, sur les ¾ du haut il représentait un Tergui prêt à dégainer son glaive et sur le fourreau duquel était écrit en tifinagh (nous laissons à ceux qui prétendent connaître l’histoire en question de nous donner les précisions). L’écriture et le dessin étaient en bleu indigo.
Bien avant cela, les discussions furent âpres et controversées, et surtout après (comme ce fut le cas pour la première liste de prénoms imazighen que nous avions diffusé à la même époque), les gens étaient divisés sur l’opportunité d’un calendrier, s’il y eut quelques enthousiastes inconditionnels, beaucoup étaient contre.
Car, comme toujours, ils craignaient que l’on nous taxa de régionalistes, déviationnistes, séparatistes, etc.
Même au Maroc, notre ami Mohamed Chafik était réticent sur l’opportunité d’une telle action et il désapprouvait le texte introductif des prénoms imazighen… selon lui, les termes étaient trop violents et l’attaque trop frontale, et, selon lui toujours, à la limite il n’y avait nulle urgence…

Inutile de dire que je suis preneur de toute information qui puisse être une réponse ou le début d'une réponse aux questions que je me pose et que je peux résumer par "quelles sont les règles qui régissent le calendrier berbère ?"
Époque du calendrier berbère.
Époque est prise ici au sens de point de départ.
Cette Époque correspond à l'an 950 av. J.-C. Elle serait l'année de l'accession au statut de Pharaon d'Égypte d'un Berbère qui fondera la XXII ème dynastie sous le nom de Chéchonq Ier. Cette consécration sera légitimée par le mariage de son fils, Osorkon, avec la fille de Psoussens II, la princesse Makare. Notons que les dates actuellement retenues pour le règne de Chéchonq Ier sont 945-924.
Contenu du calendrier berbère.
Le "moule" étant construit, en l'occurrence c'est le calendrier julien, il ne nous reste plus qu'à en définir le contenu. La référence au calendrier julien s'arrête à la construction et à la dénomination des mois. Inutile d'y chercher des calendes, ides ou autres nonnes. Tout le contenu est de tradition purement berbère. Et cette tradition est orientée vers l'activité agricole. Le calendrier berbère est un calendrier traditionnellement agraire.
Chaque groupe berbère va avoir sa propre répartition des activités agricoles même si on peut trouver des éléments communs. C'est ainsi que Marceau Gast peut parler d'un "calendrier de la faim" à propos de celui des Touaregs de l'Ahaggar.
Le premier des éléments communs à chacun des calendriers des groupes Imazighen est la division de l'année en saisons :


Chaque saison est elle-même divisée en parties différentes selon les activités des groupes et les caractéristiques du climat. Mais, à l'intérieur de ces sous-parties de l'année (ou parties de la saison), on peut encore trouver des éléments communs. C'est par exemple le cas pour l'hiver où on trouve deux grandes périodes nuits noires (au cœur de l'hiver) et nuits blanches (annonciatrices de la belle saison). De même on trouvera une opposition jours fastes/jours néfastes. Même si la période de ces jours n'est pas la même d'un groupe à l'autre, les croyances qui y sont attachées sont, elles, les mêmes : ne pas toucher aux instruments de labour, ne pas faire travailler les bêtes... bref, laisser reposer la terre. On comprend facilement que si le but de cette période est identique partout, la date de son début peut varier d'un lieu à l'autre. C'est bien le but d'un calendrier agraire.
Autre caractéristique à noter, celle de l'existence de Tawurt n usegwass qui sont les portes de l'année. A l'instar des portes d'une maison qui laissent passer d'une pièce à l'autre, elles permettent de laisser passer la Terre des jours chauds aux jours humides, des jours humides aux jours froids et ainsi de suite. Ces portes marquent, bien entendu, le passage d'une saison à une autre.
Deux mots sur le début de l'année :
Le nouvel an (ixf u segwas ou anezwar u segwas) donne lieu, le soir, à Imensi u menzu n yennayer qui est le dîner du premier jour de janvier. Il est copieux, à base de couscous et de volailles. On dispose autour du plat commun les cuillères des absents. Il est bon, ce jour là, que les choses entreprises soient terminées.
En guise de conclusion.
Bien attachant(s), ce(s) calendrier(s) berbère(s). On prend un calendrier existant, julien ou grégorien, qui ne dérive pas trop par rapport à l'année solaire et on y attache des activités de tous les jours, agricoles en plus grande partie. On est bien loin des calendriers religieux de tous types. En fin de compte, c'est le calendrier hopiamélioré quant à son fonctionnement. Nos amateurs de calendriers du jardin s'y retrouveront.

 

Berbères

Le nom de « berbère » est issu du mot barbarus, par lequel les Grecs, puis les Romains, désignaient tout peuple ignorant les coutumes et la civilisation gréco-romaines. Par la suite, les Romains ont maintenu l'usage du mot « Berbères » pour désigner les peuples d'Afrique du Nord qu'ils n'ont jamais réussi à soumettre totalement, même après la prise de Carthage au IIIe siècle av. J.-C..

Histoire

Ibn Battuta, il a été un grand voyageur et écrivain à l'époque des Mérinides
Portrait du roi Massinissa.

Les groupes liés de près et de loin avec les Berbères dans l'histoire sont:

Préhistoire

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie et Homo sapiens.

 

Algérie

peinture rupestre au Hoggar

Des sites archéologiques révélèrent des ossements d’hominidés dont les dates obtenues par archéomagnétisme remontent jusqu’à 2 millions d’années. Les chercheurs y ont vu la présence de l’Homo habilis et de l’Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope) au début du Paléolithique. Le site de Aïn El Ahnech (la source du Serpent) à El Eulma dans la Wilaya de Sétif, ex Saint-Arnaud fut découvert le premier homo habilis7.

Au Paléolithique moyen, les industries lithiques caractéristiques de l'Atérien sont reconnaissables par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

Le Paléolithique finit avec l'Ibéromaurusien, connu en particulier par les fouilles menées dans la grotte d'Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette période (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrements.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le nord de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'à il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le nord.

Dans le sud Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riche. De plus, les êtres humains de cette période ont gravé et peint les parois des abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

Les Aurès comprennent plusieurs vestiges qui ont été trouvés dans plusieurs endroits et qui datent de l'ère préhistorique à la période protohistorique8. Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des Aurès dont l'ouvrage les Chaouis de l'Aurès par Barret en 1938.

La découverte des escargotières près de Tebessa et de l'homme ibéromaurusien voir Atérien, Mecheta Aflou, qui ressemble bien à l'homme des Aurès et qui est du type protoméditarrénien9. Plusieurs grottes étaient habitées par les hommes troglodytes à Maafa, Takarbourst dans les Aurès10 et Ghoufi11.

Préhistoire (- 1,8 Ma à - 7 500 ans)

Éléphant à Illizi dans le sud de l'Algérie

Bien que l'histoire elle-même soit un agrégat de périodes, celle-ci est elle aussi précédée d'une protohistoire et d'une préhistoire. Afin de présenter l'évolution d'un passé qui débouche sur l'histoire, cette partie de l'article retrace brièvement la fin de la préhistoire de l'Algérie.

Les premières traces de peuplement d'hominidés en Algérie remonteraient à environ deux millions d'années av. J.-C.

Site d'Aïn El Ahnech (- 1,8 M) Le site d' Aïn El Ahnech, dans la wilaya de Sétif est considéré comme le plus ancien gisement archéologique d'Afrique du Nord.

L'âge des vestiges est évalué par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de l'apparition de l'Homo habilis.

Site de Tighennif (- 800 000 à - 400 000 )

Articles détaillés : Tighennif et Atlanthropus.

Le site acheuléen de Tighennif (anciennement Ternifine), dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est évalué entre 800 000 et 400 000 av. J.-C. Parmi ces vestiges, composés essentiellement d'ossements animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les ossements d'Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope, aujourd'hui considéré comme un Homo erectus.

L'Atlanthrope avait un cerveau plus petit que celui de l'homme moderne et une mâchoire plus puissante, et il était un contemporain d'autres variantes de l'Homo erectus telles que le Pithécanthrope de l'île de Java. L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de nourriture. Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et des hachereaux ainsi que plusieurs autres outils.

Il disparaît vers 250 000 av. J.-C. En effet, c'est vers cette période, que l’Homo erectus disparaît après près de 2 millions d'années d'existence (probablement en évoluant vers Homo heidelbergensis en Europe). Le peuplement de l'Algérie se compose alors exclusivement d'Homo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occupent le Maghreb central pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. J.-C., soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen. À partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. J.-C., l'Acheuléen cède la place à l'Atérien.

L'Atérien (- 50 000 à – 7 500 )

Articles détaillés : Atérien et Ibéromaurusien.
Peinture rupestre du Tassili datant d'environ 10 000 ans.

Correspondant globalement au Paléolithique moyen et supérieur, l'Atérien a été défini à partir de vestiges mis au jour dans le site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa. Il dure d'environ – 50 000 ans jusqu'à la révolution néolithique vers 7 500 av. J.-C. Durant cette période, vers 20 000 av. J.-C., de fortes pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, créant ainsi un climat très humide, et favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Atériens chassent en grands nombres.

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence des armes probablement de chasse, très raffinées, faites de pierre, de bois et même de cordage, ce qui donne à penser qu'une civilisation très active habitait le site de Bir el-Ater. Les premières industries de fabrications de pointes de lances en Berbèrie sont introduites par les Atériens et sont appelées Oraniennes (également Ibéromaurusienne). Ces industries semblent être apparues vers 15 000 ans av. J.-C. aux alentours d'Oran, dans l'Ouest algérien, avant de se propager sur toute la côte Berbèrienne durant les 5 millénaires qui suivent.

L'Atérien disparaît vers 7 500 av. J.-C., lors de la révolution néolithique. L'Homme de Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo sapiens archaïques aient produit les outils atériens.

Avec la révolution néolithique apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leurs nourritures grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouche sur la civilisation capsienne.

Protohistoire (-7500 à -2000 ans), La civilisation capsienne

Peintures rupestres au Tassili n'Ajjer

La civilisation capsienne, ancêtre des Berbères, apparaît avec la révolution du Néolithique entre 9 000 et 7 500 av. J.-C. et dure jusqu'à l'apparition de l'âge du fer vers 2000 av. J.-C. Les Capsiens, ancêtres directs des Numides Berbères, apparaissent dans le sud constantinois d'abord, avant de se répandre dans l'ensemble de la Berbèrie. Les Capsiens qui habitaient des campements faits de huttes et de branchages s'installaient généralement sur des sites à proximité d'un oued ou d'un col montagneux. À cette époque la plupart du la Berbèrie ressemblait à une savane, comme en Afrique de l'Est aujourd'hui, avec des forêts méditerranéennes uniquement en haute altitude.

Les Capsiens furent les premiers en Afrique du Nort à domestiquer les ovins, ils fabriquèrent divers objets, y compris des objets d'art décoratifs et des bijoux, tels que des colliers à partir de coquillages marins et diverses peintures abstraites et figuratives. Les Capsiens se nourrissaient d'ovins et de bovins, ainsi que de produits agricoles, mais également d'escargots : En effet de vastes dépôts de coquilles vides d'escargots datant de l'époque capsienne furent retrouvés, notamment à Mechta Sidi El Arbi dans la wilaya de Constantine. Du point de vue anatomique les Capsiens étaient composés de 2 types ethniques : les Mechta Afala et les Proto méditerranéens dont certains pensent qu'ils auraient émigré de l'est. La culture Capsienne est reconnue par les historiens linguistes comme l'ancêtre des langues berbères en Afrique du Nord, et la décoration de poterie capsienne est d'une grande ressemblance avec la décoration moderne de poterie berbère. Peu de choses sont connues de la religion des Capsiens. Toutefois, leurs pratiques funéraires (monticules de pierres, et de peintures figuratives) suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort.

Vers 3000 avant J.-C. les Capsiens commencèrent à migrer au sud de l'Atlas tellien et s'installèrent au-delà de l'actuel Batna et progressivement jusqu'au confins du Sahara qui se situaient à l'époque plus au Nord, vers l'actuel Tamanrasset. Durant cette même période le Sahara s'est rapidement asséché, devenant un désert extrêmement aride, comme on le connait de nos jours. L'actuelle Algérie n'ayant pas connu l'âge du bronze, à l'instar de toute l'Afrique, la civilisation capsienne survit jusqu'au début de l'âge du fer, avec l'apparition des fournaises vers 1500 avant JC. Les Capsiens ayant migré au Sahara laissent derrière eux des peintures rupestres magnifiques comme celles du Tassili N'adjjer datant de la période -5000 à –1500 ou celles de la région d'El-Bayadh et témoignant du mode de vie, de la chasse, de l'agriculture et des rites capsiens, ainsi que de l'assèchement complet du Sahara qui commença à partir de –3000 et coïncida avec leur période. L'aridité du désert qui a suivi cette civilisation a permis de conserver naturellement ces œuvres dans des musées à ciel ouvert et cela à travers plusieurs millénaires. Aujourd'hui le contraste entre la luxuriance de la faune peinte sur ces peintures et l'aridité actuelle du désert du Sahara renforce encore leur attrait historique et artistique. Malheureusement, ces peintures sont de nos jours menacées par la fréquentation touristique des sites rupestres du Sahara et les dégradations qui en découlent.

Libye

Art préhistorique, désert libyen.

Afrique du Nil, Afrique du Nord

- 1 000 000 Homo erectus (Africain) - Toumaï (Tchad)

- 40 000 ans /passage en Europe via le détroit de Gibraltar d'une population négroïde qui sera appelée "Homme de Grimaldi".

Le Paléolithique moyen en Libye et Cyrénaïque

L'Atérien et le Moustérien

La chronologie absolue fiable pour le Paléolithique moyen de l'Afrique du Nord en est encore à ses débuts. À l'exception du Maghreb où l'Atérien est susceptible d'avoir survécu jusque vers 30 000 ans, pour la majeure partie de l'Afrique du nord, la séquence du Paléolithique moyen se trouve au-delà des possibilité de datation C14. Les déterminations d'âge proviennent d'autres techniques comme la TL, l'ESR et l'OSL. Les dates disponibles suggèrent que le Moustérien était présent dans le sud-est du Sahara au début de la fin du Pléistocène moyen ( 250-240 000 ans). Ces premières trouvailles datées du Paléolithique moyen sont identifiées comme du Moustérien et montrent de nombreuses affinités formelles avec le Moustérien du sud-ouest de l'Asie et de l'Europe.

Deux sites majeurs offrent des assemblages moustériens en Cyrénaïque: Hajj Creiem ( 142:142ff) et Haua Fteah ( 20 ).L'Atérien est aussi présent à Haua Fteah ainsi qu'à Wadi Gan ( 142 : 22ff), mais est absent du site de Hajj Creiem, qui semble présenter une relativement courte période d'occupation. D'autres sites atériens sont présents dans le Tadrart Acacus, dans le sud et l'ouest de la Libye ( 143,144)-

Haua Fteah est une grotte très large et profonde, avec une très longue séquence du Paléolithique moyen, qui comprend des horizons atériens et moustériens. Il existe deux dates carbone 14: 43 400+_ 1300 ans BP (GrN -2564 ) et 47 000+_ 3200 ans BP (GrN -223) (20:48ff)- La méthode C14 montre des limites quant à la certitude de ces dates. De rares pièces atériennes se rencontrent aussi dans des horizons du début du Paléolithique moyen (couche XXXV), que McBurney ( 20:105;106) date de la fin du dernier Interglaciaire, sur la base de calculs de températures fondés sur des coquillages marins associés. Ces niveaux dateraient de plus de 70 000 ans. Les outils de type atériens (grattoirs, burins ; des pièces foliacées bifaciales, des racloirs et des pièces pédonculées) ont été retrouvés en quantité notable et sont légèrement plus fréquents dans la séquence haute mais disparaissent dans la séquence inférieure (couches de sédiments). Des indices isotopiques des coquillages retrouvés dans ces sédiments indiquent une température froide. Dans ce cas, les niveaux moustériens semblent suivre l'Atérien.

Un assemblage très différent a été retrouvé à Wadi Gan, dans l'ouest de la Libye ( 142:225ff). Le site est un mince horizon d'occupation. L'assemblage consiste en quelques nucléus de très petite taille, d'outils fait de pièces pédonculées, des pointes moustérennes (quelques-unes denticulées et qui peuvent être classées comme des pointes de Tayac), des racloirs, des grattoirs ; d'autres outils comprennent des denticulés, un burin et une pièce foliacée. Les fréquences des pièces pédonculées et des pointes sont plus élevées et celles des pièces foliacées bifaciales plus faibles, dans le Wadi Gan que dans les niveaux atériens de Haua Fteah. L'importance du nombre des grattoirs par rapport aux racloirs, et la pauvreté en pièces foliacées bifaciales au Wadi gan rappelle l'Atérien tunisien. Cela pourrait indiquer un contact avec des groupes du Paléolithique supérieur présents dans l'est de la Libye vers 35 000 ans et dans la vallée du Nil avant 32 000 ans. L'assemblage du Wadi Gan serait plus récent, entre 30 000 et 35 000 ans.

Restes humains...

Deux fragments de mandibules, une d'adulte et l'autre juvénile, ont été découverts par McBurney dans la couche ( XXXIII ) Levallois-moustérienne, à proximité de l'interface avec la couche XXXIV, et environ 2,5 m sous le niveau du début du Paléolithique supérieur. Les données paléoclimatiques indiquent un épisode froid et une date C14 de 47000 ans BP, permettent McBurney de situer ces hominidés à une époque contemporaine du début du Vistulien. D'après l'examen des mandibules par Klein et Scott, il a été démontré l'absence de caractères néandertaliens Néandertal dans ces fragments. Il a été alors proposé comme Djebel Irhoud ou les Atériens de Dar es Soltan, que cette population non-néanderthalienne n'était cependant pas encore totalement "moderne"12

Néolithique

- 10 000 à 8000 ans, apparition de la culture des céréales dans le croissant fertile englobant le Nil. Premiers centres de civilisation primitive, Merimde, Maadi, Fayoum, Tasa, Badari, Negada. Maisons à angles droits, d'abord en roseaux recouverts d'argile, puis en pisé et enfin en brique séchée. Comme à la période précédente, il n'existe aucune différence notable de civilisation et de peuplement entre la Libye, l'ensemble du Maghreb et l'Égypte. Ce sont les descendants des Caspiens.

- 10 000 ou 8000 ans, apparition en Tunisie, Libye, Kenya, Palestine, Égypte d'une culture négroïde dite Capsien caractérisée par des petites lames en forme de demi-lune. Culture des "bifaces" et civilisation de la "pierre éclatée" dans tout le Maghreb.

-7000 à 9000 ans, culture au Maghreb dite "Ibéro-Maurusien" qui disparut il y a dix mille ans sans laisser de descendance. (d'après certains chercheurs il n'y aurait aucun rapport entre ce Cro-magnoïde Cro-magnon venu de la péninsule Ibérique et les Guanches des îles Canaries). Il aurait donc disparu sans laisser de descendance).

- 6000 à 4 000 ans dans le Sahara, c'est la période des chasseurs ou du bubale.

- 4000 à 1 500 ans, arrivée de pasteurs indo-européens venus d'Asie Mineure. Poursuite de la civilisation des Capsiens (petits groupes de chasseurs négroïdes à la pierre polie, semi-nomades, javelots, massues, sagaies, flèches, harpons, emploi d'ocre comme colorant, l'usage de meule pour écraser les produits de la cueillette, l'art de coudre les peaux, de travailler l'os avec des grattoirs, de tresser, puis la poterie font leur apparition). Commerce intensif de l'ambre et de l'étain entre l'Europe, la Méditerranée, l'Asie Mineure, le Proche-Orient, par terre ou par mer. Sur le plan stylistique, c'est la grande période des pasteurs de bœuf, histoire du Bos Taurus qui verra les roches du Sahara se couvrir de peintures rupestres, peintures rupestres du Sahara - Tassili-n-Ajjer, Adrar des Iforas, Aïr, Ahnet, Ahaggar, identique à Ouenat (Nubie) - variété des types humains ; négroïdes, leucodermes et mixtes.

Le pasteur de la fin de l'âge de pierre domestique le bétail, chèvres, moutons, pratique la cueillette de graminées sauvages, et commence tout juste la culture de parcelles au bord du Nil. L'habitat dans le désert est troglodytique ou sous des huttes faites de branchages, tandis que près des fleuves et vers l'Égypte les habitations sont faites en briques et en argile. Sur le plan spirituel c'est la poursuite de la "mystique pastorale", commune à tous les peuples pasteurs, initialisée en Asie Mineure et présente en Afrique d'une manière similaire chez tous les groupes berbères et une "Religion du Bœuf" commune à toute la Méditerranée. Mais c'est là, dans le désert encore vert que va se forger l'ethnogénèse Berbère 13

À l'est de la future Libye dès 3000 av. J.-C. alors que le Delta n'est encore qu'un marigot émergeant tout juste de la mer, commence une toute nouvelle civilisation : La Civilisation égyptienne, nouvel empire.

Peu à peu, Égypte et Libye vont s'affirmer dans leurs identités respectives. L'Égypte va se tourner vers l'Orient dont elle est pour partie issue, la Libye va se tourner vers sa seule voie d'expansion possible, la mer Méditerranée, dont elle reçoit régulièrement par bateaux, la visite de peuples maritimes, en particulier de la Civilisation Égéenne et Phénicienne. De fait, dès le Néolithique, la plupart des habitants de la Libye habitent le front de mer, tandis que l'interland en voie de désertification dès le IIe millénaire constituera un repli pour des groupes épars, réuni en chefferies et en communautés de pâtres.Libye antique

- 1500 ans période du cheval (s'étendant jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne). C'est l'apparition de petites aristocraties locales mais suffisamment puissantes et influentes pour nouer alliance avec les peuples belliqueux de Méditerranée, de populations venues du nord de l'Europe, de Colchide (ancienne Georgie)- Asie Mineure, du Proche-Orient, d'Iran, des chars attelés de facture identique à ceux de la Grèce antique -( tombes à fosses du cercle A de Mycènes, stèle du Péloponnèse représentant des chars identiques ; décors à base de cercles, spirales et courbes enlacés prisés de longue date par les Égéens)- des armatures, des lances à armature métallique, arme de prédilection des pasteurs de bovins du Sahara méridional, tandis qu'au nord, ce sont des affrontements contre l'Égypte qui se poursuivront jusqu'à la romanisation du Maghreb ( ~Ve siècle av. J.-C.). Peu à peu les tribus libyennes se situant au sud, vont être repoussées vers le Sahel et ce pour deux raisons très simples : la désertification du Sahara commencée au IIe millénaire avant notre ère et l'entretien d'une cavalerie sensible aux écarts de températures et aux épizooties. Moutons et chèvres sont gardés sur les côtes (désert de Syrte ; Cyrénaïque) les montagnes, la Chaîne Libyque. Le désert de Libye est traversé par des bouviers de l'Égypte au Soudan.

Maroc

Les premières traces d'une présence d'hominidés sur le territoire marocain datent d'environ 700 000 ans. De cette période dite acheuléenne, on a retrouvé un certain nombre d'outils, notamment dans la plaine de la Chaouïa et plus précisément à proximité immédiate de l'agglomération casablancaise. Outre l'outillage, on a découvert un certain nombre de fragments humains notamment dans les carrières Thomas (mandibules, maxillaires et fragments crâniens d'Homo erectus). De l'époque moustérienne (120 000 à 40 000 avant l'ère chrétienne), le site le plus explicite est celui de Jbel lrhoud situé à mi-chemin entre les villes modernes de Marrakech et de Safi et où ont été découverts deux crânes d'hominidés, des outils associés à l'industrie levalloiso-moustérienne ainsi que d'importants restes d'animaux aujourd'hui disparus.

L'époque atérienne (40 000 avant JC) a apporté son lot d'objets pédonculés retrouvés dans de nombreuses grottes situées sur le littoral atlantique (Dar Soltane 2). Néanmoins cette période a surtout été marquée par de profonds bouleversements climatiques ayant entrainé une désertification sans précédent du territoire marocain ainsi que la raréfaction voire la disparition d'un grand nombre d'espèces animales et végétales. Cette dynamique a cependant été contrecarrée par le rempart naturel que constitue la chaîne de l'Atlas, que ce soit au Maroc ou dans le reste du Maghreb. L'arrivée d'Homo sapiens au Maghreb a été démontrée antérieure à l'Épipaléolithique puisque les inscriptions atériennes ne sont pas l'œuvre d'hommes de Néanderthal (dont l'aire a été restreinte au seul continent européen) mais bel et bien d'Homo sapiens présentant des caractéristiques archaïques.

Il y a environ 21 000 ans, la "civilisation" Ibéromaurusienne voit le jour. Elle se caractérise par des rites funéraires plutôt évolués et par un raffinement de l'outillage utilisé. Néanmoins, il n'est bien sûr pas encore question d'agriculture. La grotte de Taforalt dans la région d'Oujda correspond au plus grand gisement de l'époque.

Cette civilisation se maintient et se répand sur l'ensemble du Maghreb avant de se métisser progressivement vers le neuvième millénaire avant notre ère avec les populations capsiennes, ancêtres des Berbères modernes. Les premiers éléments retrouvés et datant de cette période (Néolithique) datent d'environ 6 000 ans. Ceux-ci témoignent d'une sédentarisation déjà avancée ainsi que d'une maîtrise relative des techniques agricoles.

Tunisie

Les premières traces de présence humaine en Tunisie datent du Paléolithique. C’est à 20 kilomètres à l’est de Gafsa, dans l’oasis d’El Guettar, que se rassemble une petite population nomade de chasseurs-cueilleurs moustériens14. Michel Gruet, l’archéologue qui découvre le site, relève qu’ils consomment des dattes dont il retrouve le pollen aux alentours de la source15 aujourd’hui asséchée16.

Squelette capsien en position repliée

À une culture ibéromaurusienne, répartie sur le littoral17 et relativement minime en Tunisie18, succède la période du Capsien, nom créé par Jacques de Morgan et issu du latin Capsa, qui à lui-même donné le nom de l’actuelle Gafsa19. Morgan définit le Capsien comme étant une culture allant du Paléolithique supérieur au Néolithique, couvrant ainsi une période qui s’étend du VIIIe au Ve millénaires av. J.-C.20. D’un point de vue ethnologique et archéologique, le Capsien prend une importance plus grande puisque des ossements et des traces d’activité humaine remontant à plus de 15 000 ans sont découverts dans la région. Outre la fabrication d’outils en pierre et en silex, les Capsiens produisaient, à partir d’ossements, divers outils dont des aiguilles pour coudre des vêtements à partir de peaux d’animaux.

Au Néolithique (4500 à 2500 av. J.-C. environ), arrivé tardivement dans cette région, la présence humaine est conditionnée par la formation du désert saharien, qui acquiert son climat actuel. De même, c’est à cette époque que le peuplement de la Tunisie s’enrichit par l’apport des Berbères21, issus semble-t-il de la migration vers le nord de populations libyques22 (ancien terme grec désignant les populations africaines en général23). Le Néolithique voit également le contact s’établir entre les Phéniciens de Tyr, les futurs Carthaginois qui fondent la civilisation punique, et les peuples autochtones de l’actuelle Tunisie, dont les Berbères sont désormais devenus la composante essentielle. On observe le passage de la Préhistoire à l’Histoire principalement dans l’apport des populations phéniciennes, même si le mode de vie néolithique continue un temps à exister aux côtés de celui des nouveaux arrivants. Cet apport est nuancé, notamment à Carthage (centre de la civilisation punique en Occident), par la coexistence de différentes populations minoritaires mais dynamiques comme les Berbères, les Grecs, les Italiens ou les Ibères d’Espagne. Les nombreux mariages mixtes contribuent à l’établissement de la civilisation punique24.

Antiquité

Mausolée libyco-punique dans son état actuel à Dougga en Tunisie


Durant l'ère pré-romaine, plusieurs États indépendants se succédèrent (Massaesyles, Massyles, Maures, etc.). Plusieurs provinces connues sous les noms: la province romaine d’Afrique correspondait au territoire naturel de Carthage et la côte ouest de la Libye (l’Africa Vetus et de l’Africa Nova, sera divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l'Afrique Proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.), la Numidie, la Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le Nord-ouest et central de l'actuelle Algérie, et une partie du Nord marocain. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces : Maurétanie Césarienne, qui correspond à l'Algérie centrale et occidentale. La capitale était Caesarea (actuelle Cherchel ou Cherchell). Maurétanie Sitifienne, créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie Césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale. Maurétanie Tingitane, qui correspond à peu près au Nord du Maroc actuel. Les villes principales sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa, Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d'Espagne (la Bétique).

Les Berbères vont connaitre des relations culturelles avec les Phéniciens (ce qui donnera la civilisation carthaginoise), avec les Romains en Numidie ou encore avec leurs voisins égyptiens aux frontières de la Libye. La civilisation berbère est à son apogée, plusieurs grandes villes sont construites au Nord au Sud dans le désert (Timgad, Dougga, etc.), sauf Carthage, elle va être reconstruite. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Afrique du Nord.

Timgad, vue d'ensemble

La nationalité romaine est offerte aux Berbères, cela facilite l'intégration des nomades au monde Romain. Plusieurs mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères(Croyances berbères) est représentée dans les fresques romaines, de même pour les jeux, ils sont sources de distraction et de joie pour la plupart des Berbères. De plus, les bains publics étaient un luxe pour tout le monde. À Timgad, il y avait vingt-sept bains.

Il n'y avait pas de remparts autour des villes pour faciliter les relations entre les Berbères et les Romains. Les arts sont développés par les artisans berbères (la céramique, la poterie, etc.).

Plusieurs amphithéâtres sont construits, le théâtre de Timgad pouvait contenir 4000 personnes de l'Aurès. La population globale de l'Aurès était estimée entre huit à dix-mille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord.

Les Berbères deviennent autonomes. Plusieurs Guerres puniques se déclenchent en Afrique du Nord durant l'Antiquité.

Le roi Massinissa25 unifie la Numidie26,27,28. Il transfère la capitale Timgad à Cirta. Au cours de la Deuxième guerre punique, les Massaesyles, commandés par Syphax, sont alliés à Carthage, tandis que les Massyles, commandés par Massinissa, s'allient à Rome, après avoir été spoliés par Syphax. À la fin de la guerre, les Romains attribuent tout le territoire numide à Massinissa. Son nouveau territoire entoure désormais celui de Carthage, sauf du côté de la mer.

En -148, à la mort de Massinissa, Scipion Émilien partage la Numidie entre les trois fils du roi. De même, Rome oblige Micipsa, dernier fils de Massinissa, à partager sa part entre ses deux fils et le fils naturel de son frère, Jugurtha. Ce dernier, voulant restaurer l'unité du royaume, fait assassiner ses cousins, et, en -113, se rebelle contre Rome à qui il va infliger de sévères défaites au cours d'une guerre longue et difficile qui durera de -111 à -105. Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer. En -105, à la faveur d'un guet-apens, Jugurtha est livré par Bocchus, son beau-père et jusque-là son allié, à Sylla qui avait soudoyé l'entourage de ce dernier. La Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

Vers le début du premier siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger)et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir.Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef29.

Les alentours de Tlemcen auraient été composés des royaumes Zénètes dans l'antiquité. Des Gétules (Zénètes) auraient vécu dans cette partie de la Berbèrie 30. Plusieurs rois Gétules purent contrebalancer l'Empire Romain. L'exemple du héros Tacfarinas, Vers 17 ans après J-C, Tacfarinas qui soulève tous les tribus Gétules (Zénètes)31 [5]. L'indomptable Tacfarinas mourut à Pomaria (Tlemcen actuellement) 32 [6].

À l'époque du Bas-Empire romain, les Levathae (Luwata) se révèlent tellement agressifs que les Romains font élever un limes pour les contenir. Après la crise économique que vécut la grande cité romaine de Leptis Magna, la ville connut plusieurs razzias de la part des populations locales

Christianisme, judaïsme, donatisme, arianisme, paganisme

Saint Augustin d'origine berbère, il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l’Église

 

Portrait du philosophe et théologien saint Augustin

Le christianisme fait son entrée en l'an 256, et durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s'éternisent, la nouvelle religion devient une arme qui servira d'alibi religieux à une nouvelle révolte qui sera encore une fois Amazigh. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le culte donatiste se développa en Algérie à Baghaï33 dans les Aurès et en Tunisie comme un défi politique à Rome. Les Donatistes, refusant d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, et exigeant la séparation de l'État et de la religion, finiront par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne, à l'opposé de Jésus qu'ils considèrent être Dieu. Ils rejetèrent aussi le rite catholique. Dès lors, l'Empereur envoie ses troupes pour les réduire au silence, dans ce qui est communément appelé la première persécution des Chrétiens par d’autres Chrétiens. La répression ne fit qu'accroître le soutien populaire des Donatistes chez le peuple et en 321 les légions romaines venues réprimer les Donatistes se retirèrent. Toutefois vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des Circoncellions, littéralement ceux qui encerclent les fermes. Comme le culte donatiste célébrait les vertus du martyre, les Circoncellions devinrent des extrémistes qui considéraient le martyre comme étant la véritable vertu chrétienne et laissèrent de côté toutes les autres valeurs de leur religion telles que l'humilité, la charité, etc. Les Circoncellions se mirent alors à se munir de matraques de bois, refusant de porter des armes en fer, car Jésus avait dit à Pierre de poser son épée selon la tradition chrétienne. Ainsi, munis de leur matraques, ils se mirent à attaquer les voyageurs sur les routes du pays, puis à se diriger sur les fermes des propriétaires terriens, à les encercler et les attaquer. Le but des Circoncellions était de mourir au combat en martyrs. Ces extrémistes tuèrent, violèrent, volèrent plusieurs propriétaires terriens, ainsi que les voyageurs, et lorsqu'ils n'arrivaient pas à se faire tuer, ils finissaient par se suicider en essayant de sauter du haut d'une falaise, ce qui les précipitait à leur mort. La secte des Circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IVe siècle. Ce dérapage du culte donatiste eut pour conséquence de noircir encore plus leur réputation à Rome.

Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerçait Rome sur l’Afrique du Nord, les Donatistes saisissent cette conjoncture qui leur est favorable, reprenant ainsi la tentative de dominer la scène politique et religieuse. Finalement, excédé, l'empereur de Rome les déclare en l'an 409 hérétiques et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale. Saint Augustin, qui était alors l'évêque catholique d'Annaba, essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des Donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les Donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle. Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Algérie sous la pression des Vandales qui envahissent le pays. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Annaba par les Vandales34.

L'Empire byzantin prend les provinces de l'Afrique du Nord notamment l'Ifriqiya.

Des communautés juives s'installent en Tunisie à Djerba35.

À la veille de la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs tribus berbères pratiquaient le judaïsme 36, ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure Païen comme le cas des Banou Ifren37.

En 544. Les Byzantins exerceront un pouvoir juste dans la province de Constantine et dans l'Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes38..

Moyen Âge

Conquête arabo-musulmane

Article détaillé : Conquête_musulmane du Maghreb.

La première expédition arabe sur la Tunisie est lancée en 64739. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi Al Fihri, est décisive : ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année40 et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb22. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 68341. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage42 en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena42. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 69742. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena41.

Vue de la Grande Mosquée de Kairouan également appelée mosquée Oqba Ibn Nafi ; fondée durant la seconde moitié du VIIe siècle (vers 670) puis reconstruite dans sa forme actuelle au IXe siècle par les princes de la dynastie aghlabide (800-909), elle est la plus ancienne mosquée de Tunisie et de l'ensemble du Maghreb43.
Chef-d'œuvre d'architecture et d'art islamique, la Grande Mosquée de Kairouan fut, durant le Moyen Âge, un centre intellectuel important principalement axé sur l'étude des sciences religieuses et de la jurisprudence malikite44 ; elle est située dans la ville de Kairouan en Tunisie.

Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à la religion de leurs vainqueurs41, principalement à travers leur recrutement dans les rangs de l’armée victorieuse. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats. On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de race ni de classe45. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter45. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque46.

En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab47 et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire48. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside48. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée49. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 90950.

Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)51. En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile52 en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide52, ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère51. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison51. Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 bédouins51 — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands51. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.

Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères51. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale51.

Les grandes formations Berbères et les dynasties

D'après les historiens du Moyen Âge, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazigh. Les deux branches Botr et Barnès se seraient elle-mêmes subdivisées en tribus et auraient Medracen comme ancêtre ; chaque région du Maghreb étant constituée de plusieurs tribus. Les grandes tribus ou peuples berbères sont Sanhadja, Houaras, Zénète, Masmouda, Kutama, Awarba, Berghouata, Zouaouas, etc. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus. Toutes ces sous tribus ont une indépendance territoriale et décisionnelle53.

Plusieurs dynasties berbères ont émergé pendant le Moyen Âge au Maghreb, au Soudan, en Al-Andalus, en Italie, Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Égypte, au Portugal, etc. Ibn Khaldoun fait un tableau résumant les dynasties au Maghreb dont les dynasties berbères Zirides, Ifren, Maghraoua, Almoravide, Hammadides, Almohade, Mérinide, Abdalwadides, Wattassides, Meknassa, Hafsides, etc54. De plus, plusieurs chefs (Arabe et Perse) avaient des épouses berbères comme Idris, Ibn Rustom, etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides, Rostémides, etc. La dynastie Ifrenides des (Banou Ifren) a été reconnue comme étant la seule dynastie qui a défendu les Africains dans le Maghreb55.

Les Almohades ont pu faire l'unification du Maghreb. Et les berbères du Moyen Âge ont contribué à l'arabisation du Maghreb, ce qui est un fait historique56. En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen, l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yghomracen Ibn Zyan57.

Les conflits berbères

Les Almohades, après avoir évincés les Almoravides, ils vont en guerre contre les chrétiens en Al-Andalus.
Tour Hassan à Rabat construite en 1196 par les Almohades
Les deux cofondateurs des Almohades furent leur rencontre non loin de Béjaïa pour l'unification du Magherb. Béjaïa redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous les Hafsides du XIIIe au XVe siècle av. J.-C.

Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir entre eux. Massinissa et Syphax se faisaient la guerre punique, l'un avait la Numidie occidentale et l'autre la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille, mais le fils de Syphax, Vermina, reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Cartaginois. Vermina demande la rémission à Rome. À la fin, Massinissa réussit à unifier la Numidie. Après Micipsa, une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie. Jugurtha rompe avec les Romains. Mais Bocchus, beau-père de Jugurta, capture et livre Jugurtha aux Romains.

Au Moyen Âge, au Maghreb central, la plus puissante tribu berbère était des Banou Ifren58. Ces derniers après servies la Dihya. En 745, les Banou Ifren choisissent le dogme sufrites (Kharijites) et désignent Abou Qurra comme Calife. Ce dernier sera à la tête d'une armée composée de 350 000 cavaliers berbères, il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties les Omeyades et les Abbassides, revient à Tlemcen après que Yazid- Ibn- Haten brise la coalition berbère. Le premier conflit important berbère au VIIIe survient58. Les Banou Ifren avaient 40 000 cavaliers dans cette guerre. Abou Qurra a pu unir tous les Berbères58.

Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distingues l'une de l'autre59. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes. Ce conflit a débuté au Maghreb et s'est transposé en Al-Andalus. Les Sanhadja (chiite) ont attaqué les Zénètes Kharidjites (Banou Ifren, Maghraoua, etc.). Ce qui a donné au premier temps une séparation territoriale entre les deux tribus berbères60. Les Zénètes seront amenés à se déplacer vers l'Ouest du Maghreb et au Sud par les Zirides (tribu des Sanhadja et chiite)61. Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifren et des Maghraouas se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe62 qui n'est ni de religions et ni de race, d'après Yves Lacoste, André Nouschi et André Prenant. D'autres parts, plusieurs Fatimides ont changé de camps pour s'engager du côté Omeyades60 Alors que d'autres disent que c'est le pouvoir et la religion qui sont les sources des conflits des Berbères63.

Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes (les Zirides(chiite) et les Hammadides(sunnite)). Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren, Maghraoua et Meknassa. Une lutte acharnée au pouvoir des tribus Zénètes est signalée par Ibn Khaldoun. Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides (tribu des Sanhadja) et sunnite Malékites) et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'Ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaire par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides- Hilaliens64.

Les Almohades (qui signifie unificateur, les Almohades s'opposent au malékisme) défont les Almoravides tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda. Le fondateurs du mouvement religieux est Ibn Toumert de la tribu Masmouda ; son disciple Abd al-Mumin de la tribu Zénète prit la tète des Masmouda et deviendra le premier calife Almohade. Un premier conflit apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides65 Après le massacre des Zénètes vers le XIe siècle, et suite au déclin des Almohades, trois dynasties Zénètes vont surgir au Maghreb et en Al-Andalus (les Mérinides, les Zianides et les Wattassides)66

Les deux dernières dynasties berbères Zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides (ils adoptent un nouveau malékisme)67). Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafsides en 143768.

Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie, Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie 69.

Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnoles et des Ottomans. Depuis ces conflits, les Berbères sont séparés dans leur profond, ce qui a mené à la création de plusieurs tribus qui n'ont aucun lien commun ni dans la langue, ni dans la tradition, ni dans l'espace géographique, ni dans la religion, ni dans les mœurs, etc., au Maghreb, en Al-Andalus, au Sahel africain70.

Le conflit entre Sanhadja et Zénètes est le plus important dans l'histoire des Berbères et a été révélé par tous les historiens du Moyen Âge et contemporains (Ibn Khaldoun, Ibn Hazm, Émile Félix Gautier, Gabriel Camps, Rachid Bellil, etc.). Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautier et Gabriel Camps entre autres, ils tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur. Ces thèses seront contredites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d'Ibn Khaldoun71.

En Conclusion :

C'est simple, les berbères sont un peuple libre, ils ne supportent pas l’autorité, ils se battent pour leurs liberté .

Influence des Berbères en Afrique de l'ouest et en Al-Andalus

Carte de l'Empire songhaï
Carte historique de la péninsule Ibérique présentant l'époque des taifas et les petits royaumes chrétiens émergents. Quelques taifas étaient berbère comme les Zirides et les Banou Ifren, etc.

La dynastie Sonrhaïs des Dia fut fondée à Koukia au XIe siècle, résultat d'un métissage entre berbères dirigés par le chef berbère Za el-Ayamen72, qui fuyait devant l'invasion arabe, et les sonhrais, peuple noir. Plus tard la dynastie des Dias fondera le royaume sonhrais de Gao, au niveau du fleuve Niger, qui sera vassale de l'Empire du Ghana créé par les soninkés, puis l'Empire du Mali. Durant le XVe siècle, les sonhrais, après plusieurs conquêtes militaires, supplante l'empire du Mali, et le royaume sonhrais de Gao devient un empire, sous la dynastie des Si, du conquérant Sonni Ali Ber, qui se verra succéder par la dynastie des Askia d'origine soninkés, fondée par Askia Mohammed Touré, avec la ville de Gao pour capital. Il s'étend sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuel. L'empire s'effondre à la fin du XVIe siècle, suite à la bataille de Tondibi. Les Zirides prennent le Sud de l'Italie avec l'aide des Fatimides et une partie de l'Égypte. Les berbères avaient des États indépendants en Al-Andalus à l'époque des taifas. L'Al-Andalus est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides.

De 1400 à 1900

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.

Pendant la période de 1400 à 1500, l'effondrement des dernières dynasties berbères englobe les deux territoires l'Andalousie et le Maghreb du centre et de l'Ouest. Les espagnoles et les Portugais reprennent leurs territoires et envahissent le Maghreb. Ensuite, les Ottomans chassent les Espagnols et prennent l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Quelques Berbères se replient dans les montagnes et demeurent isolés surtout dans les régions de l'Aurès ou en Kabylie et au Sahara. Le Maroc résiste grâce à l'émergence de la dynastie des Wattassides puis des Saadiens et ensuite de la dynastie alaouite. Les Espagnols prennent au Maroc les territoires du Rif au nord, du Sahara occidental au sud et quelques autres villes marocaines. Le Rif engage une révolte pour se défendre.

Les Français attaquent les Ottomans et prennent l'Algérie, la Tunisie. La Libye est prise par les Italiens. Plusieurs Berbères (l'émir Abd El-Kader (prétendait descendre des Banou Ifren)73, Lalla Fatma N'Soumer, Bataille de Zaatcha, Révolte des Mokrani, Cheikh Bouamama (rassemble les Ouled sidi Chikh, les Zénètes, les Sanhadjas...)74, etc., se révoltent et organisent plusieurs guerre pour reprendre leurs territoires.

La France déploie tout dans l'industrialisation et dans la construction des villes digne de la civilisation moderne, mais les zones montagneuses et les zones rurales sont épargnées. Plusieurs Européens viennent pour investir et pour exploiter les richesses. L'Algérie française devient le « grenier de l'Europe ».

Les confréries berbères et le mouvement des Saints berbères entre 1500 et 1900

De 1900 à 2000

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.

Contemporain

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.

Actuellement, la plupart des Berbères sont sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les habitants du Ouarsenis (Banou Ifren et Maghraoua), etc). Au Maroc, on trouve les Rifains, les Chleuhs, les Béni-Snassen, les Awarba, les Zayanes, etc. En Libye, on trouve les Yafran, etc. En Tunisie, il y a les habitants de Djerba, etc. En Espagne, il y a les habitants des îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies berbères est appelé par Imazighen (le pluriel d’« Amazigh »), et l'espace géographique nord-africain par Tamazgha.

source:wikipedia

 

QUI EST MOULOUD FERAOUN ?

 

 

 

 Il venait tout juste de fêter ses 47 ans quand .il fut assassiné.

Né à Tizi Hibel en Kabylie le 8 mars 1913, ce n'est qu'à l'âge de 7 ans qu'il fut scolarisé. Doué qu'il était mais « fils de pauvre », il obtint 8 ans après une bourse, pour continuer sa scolarité à l'Ecole Primaire Supérieure de Tizi Ouzou. Il y passa 4 ans avant d'arracher en 1932, une place méritoire à l'École Normale de Bouzaréah (hauteurs d'Alger). Il figurait parmi les 20 places réservées aux indigènes, sur 318 candidats, alors que les européens en avaient 54 pour 64 candidats. C'est là qu'il rencontra Emmanuel Roblès avec lequel il s'est lié d'amitié.

A l'issue de ses 3 ans à Bouzaréah, il retourna dans son village pour y enseigner, aider les siens à accéder à l'instruction. Ses qualités lui firent vite grimper les échelons. Il fut d'abord nommé en 1932, directeur des cours élémentaires de Fort National (Haute Kabylie). Mais en 1957 en pleine guerre d'Algérie, il quitta sa Kabylie pour Alger. Il fut nommé directeur de l'école Nador de Clos Salembier (hauteurs d'Alger).

En 1960, il fut nommé en même temps que plusieurs de ses amis, inspecteur des centres sociaux nouvellement crées à Ben Aknoun, sur les hauteurs de la capitale.

Le 15 mars 1962, quatre jours avant les accords d'Evian, un commando de l'OAS surgit, il est fusillé avec cinq de ses compagnons: Ali Hamoutène, Max Marchand, Robert Eymard, Salah Ould Aoudia et Marcel Basset. Ali son fils écrivait à Roblès: « J'ai vu mon père à la morgue quelques heures après sa mort. On lui avait logé 12 balles dans le corps... La salle était pleine ce jour, au moins une centaine de cadavres. Mon père gisait au milieu sur une table ».

Jack Lang disait à propos de ces crimes, à l'occasion d'un hommage, « Cet hommage est pour l'Education Nationale... Il faut rappeler que des figures du domaine de l'enseignement,  n'ont jamais cessé de travailler au rapprochement des peuples français et algériens... ».

L'œuvre de Feraoun est grandiose pour quelqu'un de son époque. Il a commencé à écrire disait-il, à la lumière d'une lampe à pétrole. Il travaillait le jour pour nourrir sa famille, et écrivait la nuit. Il ne s'est pas contenté de mener une carrière dans l'enseignement. Il tenait à raconter au monde entier, la vie dans cette contrée de Kabylie durant la colonisation. Il s'est investi dans l'enseignement puis l'écriture et enfin les centres sociaux. Le but de ces centres était d'abord de venir en aide aux plus démunis, les laissés pour compte. Par la même créer un dialogue entre les deux communautés.

Feraoun a été sans conteste, le premier à porter la littérature nord africaine sur la scène internationale. Il est l'aîné de tous les écrivains maghrébins d'expression française. Il nous a laissé pleins d'écrits: littéraires, autobiographiques, pédagogiques, journal, articles et nouvelles.

L'hommage qui lui a été rendu cette année fut bien timide. Juste une conférence qui retrace sa vie et son parcourt, à la maison de la culture de Tizi Ouzou. C’est dommage. Il est aussi utile de souligner que, contrairement aux premières années de l'indépendance de l'Algérie, ses romans sont de plus en plus boudés par l'Education Nationale. Des textes tirés de ses œuvres, se font rares dans les manuels scolaires. Très peu de nos enfants connaissent par exemple Fouroulou. Et pourtant, beaucoup d'entre eux se reconnaîtraient, dans ce personnage du « Fils du pauvre ».

L'essentiel des œuvres de Feraoun:

  • Le fils du pauvre en 1950
  • La terre et le sang en 1953
  • Jours de Kabylie en 1954
  • Les chemins qui montent en 1957
  • Lettre ouverte à Camus en 1958
  • Les poèmes de Si Muhand en 1960 

 

Œuvres de Mouloud Feraoun:

Les écrits de Mouloud Feraoun

Le Fils du pauvre : publié en 1950, le premier roman de Mouloud Feraoun est quasiment autobiographique. C’est une sorte de journal où est racontée la vie du jeune Fouroulou Menrad qui, en contournant son destin, opte ainsi pour l’instruction plutôt que de rester berger comme ses semblables. Cet itinéraire est très difficile car il est issu d’une famille pauvre ; il dit dans son Journal qu’il veut écrire. C’est également le vœu de Feraoun : il veut traduire «l’âme kabyle».

La Terre et le sang : publié en 1953, ce roman est un appel de la terre natale à Amer, qui l’abandonne pendant quinze ans. En revenant, il ramène la Française Marie, probable fille de son oncle Rabah qu’il a tué accidentellement en France. Arrivé au village, Amer tombe amoureux de sa cousine Chabha, épouse de Slimane, qui veut venger la mort de Rabah. Finalement, un coup fatal, à la carrière, emporte le meurtrier Slimane et l’accusé Amer.

Les Chemins qui montent : publié en 1957, ce roman est la suite logique de La Terre et le sang. D’ailleurs on y retrouve les mêmes personnages, mais vieillis. Amer, qui est fils d’Amer de La Terre et le sang, revient de France. Il retrouve sa cousine Dahbia, convertie au christianisme. Celle-ci semble faite pour Amer. L’ayant vu opter pour Mokrane, il se suicide. Mais est-ce un suicide ou un meurtre ?

L’Anniversaire : roman publié à titre posthume en 1972, dix ans après la mort de Feraoun. C’est en fait un roman que l’auteur écrivait lorsque la mort le surprit. C’est aussi une histoire d’amour entre un Algérien et une Française, qui se solde inévitablement par un échec.

Jours de Kabylie ou encore Tajmaât (assemblée) : un récit écrit en 1954. C’est un document ethnographique sur la Kabylie de l’époque.

Journal : publié en 1962, aussi à titre posthume, ce témoignage est une douloureuse chronique de la guerre, vue principalement en Grande Kabylie. En fait, il nous permet de connaître Feraoun durant ces événements. Il disait de lui : «C’est un brûlot rageur où chacun en a pour son compte.»

Lettre à ses amis : tout comme le Journal, ce témoignage nous apprend beaucoup sur l’auteur et sur son œuvre (1949-1962).

Poèmes de Si Mohand : Feraoun a sorti de l’oubli les poèmes de Si Mohand ou Mhand, qu’il rassembla dans un recueil publié en 1960 et complété plus tard par feu Mouloud Mammeri dans Isefra de Si Mohand.

La Cité des Roses : En 1958, à la cité des Roses, un Algérien, directeur d’une école s’éprend de Françoise, une institutrice, tous deux mariés par ailleurs. L’amour étouffé et brûlant qui les unit trouvera les chemins de son effloraison dans le besoin de liberté qu’ils éprouvent profondément.

Mouloud Feraoun raconte son Algérie celle qui s’affranchit de la France avant de rompre définitivement avec elle. Il dresse ici un tableau sans concession de la passion enivrante qui lia ces deux pays et dont les spectres nous heurtent encore aujourd’hui. Ce sentiment complexe où se mêlent et s’entrechoquent les amours-propres, les préjugés, les traîtrises et les ignorances, conduit invariablement l’humanité à regarder ses propres turpitudes.

L’auteur du Fils du Pauvre dira à propos de ce livre : « Je continue par exemple de penser que si la politique peut donner une certaine teinte à l’amour, elle ne peut ni le nourrir, ni le modifier, ni l’empêcher. C’est la politique, la morale, l’honnêteté, etc. qui recherchent toujours des accommodements avec l’amour. Sauf bien entendu quand on a affaire à des héros ou à un faux amour.

J’ai cru qu’il était indiqué de faire s’épanouir un tel sentiment au milieu de la haine et qu’il suffisait de rappeler en contre point que cette haine existait, se traduisait par la colère, l’hypocrisie, la souffrance et la mort. Mais de cette situation historique sur laquelle je n’avais pas besoin d’insister, j’ai voulu que les personnages s’évadent en se donnant l’un à l’autre. »

Quarante-cinq ans après son assassinat, ce roman d’amour, d’une assourdissante vérité, vient sans conteste parachever son œuvre.

 

 

Qui est Mouloud MAMMERI ?

 

 Mouloud Mammeri (1917 – 1989)
 Un homme, une oeuvre au service de son pays et de la langue amazighe

"La vie d'un écrivain importe peu finalement. C'est son œuvre qui est importante.

 L'essentiel, c'est non l'événement, mais l'aventure intérieure".
 Mouloud Mammeri, 1972

 

Mouloud Mammeri est ne le 28 décembre 1917 àTaourirt Mimoun (At Yanni). A douze ans, il se rend chez son oncle à Rabat (Maroc) où il commence ses études secondaires. Il y restera pendant
quatre ans, avant de rentrer à Alger en 1934,pour achever ses études secondaires au lycée Bugeaud.
Il entame ses études supérieures à Paris au lycée Louis Le Grand avec l'intention d'y préparer le concours d'entrée à l'Ecole Normal Supérieure, projet avorté par la seconde Guerre mondiale.
Mobilisé en 1939 et libéré en octobre 1940, il s'inscrit à la Faculté de lettres d'Alger. Remobilisé après le débarquement américain, il participe aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne.
A la fin de la guerre, il prépare à Paris un concours de professorat de lettres et rentre en Algérie en septembre 1947. Il enseigne à Médéa puis à Ben Aknoun, et doit, sous la pression des événements, quitter Alger en 1957.
De 1957 à 1962, il reste au Maroc, avant de regagner l'Algérie au lendemain de l'indépendance. Mouloud Mammeri dirigea alors le Centre de Recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques d'Alger (CRAPE) jusqu'à 1979, tout en donnant des cours à l'université d'Alger. Il eut également un passage éphémère à la tête de la première Union nationale des écrivains algériens qu'il abandonnera pour discordance de vue et de rôle de l'écrivain dans sa société.
Il fut maître de la chaire de berbère à l'Université d'Alger de 1962 à 1969  où certaines matières, telles l'ethnologie et l'anthropologie, jugées sciences coloniales par la tutelle durent disparaître des enseignements universitaires. Il anima alors bénévolement un cours de langue berbère jusqu'à 1973.
En 1982, il fondait à Paris le Centre d'études et de recherches Amazigh (CERAM) et la Revue Awal, comme il animait également un séminaire sur la langue et la littérature amazighes sous forme de conférences complémentaires au sein de l'école des Hautes études en sciences sociales (EHESS). Ce long itinéraire scientifique lui a permis de rassembler une somme d'éléments fondamentaux pour le développement de la langue et de la littérature amazighes.
Mouloud Mammeri trouva la mort dans un accident de la route, près de Ain Defla, le 25 février 1989 à son retour d'un colloque à Oujda (Maroc).

 

Date de dernière mise à jour : 08/05/2014